Chant VI /
Contre chant
2007 - 2008


CHANT VI / CONTRE CHANT

Création 2007 - 2008
BIENNALE DE LA DANSE
Chant VI : 10, 11, 12 et 13 sept 2008
Contre-chant : 18 sept 2008

«Là, d’où surgissent les choses,
du souvenir, du temps, de l’espace…»

1- Chant VI

2- Contre chant

3- Prochaines représentations

4- Extrait vidéo + Magazine France 3 + Arte TV + Vimeo

5- Presse + Le cheminement par Bernadette Bonis

 

 

 

 

 

CHANT VI

Pièce pour trois danseurs et un comédien-récitant

Création danse 2007- 2008

 

Dans l’Enéide, de Virgile, au chant VI, le héros Enée entre au royaume des morts, afin de revoir son père, Anchise. Guidé par deux colombes et la prophétesse Sibylle, il accomplit un voyage hors du temps, dans un espace intermédiaire : L’enfer.

Ailleurs, dans un autre temps, mon aïeul, enfermé, se tenait prêt à mourir et déposait dans sa cellule son ultime possession, un manteau.

De ces traversées, nous imaginons une danse vers l’ineffable, où le présent, le passé et le futur se rejoignent. Où le corps, dans sa force et sa tonicité danse parmi les ombres.

Parfois, ayant abandonné toute pesanteur, il s’efface. Et parfois, dans sa globalité vivante il se définit en des gestes souverains.

La voix du récitant donne à entendre des extraits du texte de l’Enéide. Le souffle des paroles alterne avec une musique originale, diffusée sur bande.

Un spectacle qui rend également hommage à l’œuvre de Théo Angelopoulos.

Danseurs : Sophie Tabakov, Laurent Soubise et Bérengère Valour

Comédien-récitant : Philippe Vincenot

Musique originale: Borys Cholewka

 

 


 

 

 

CONTRE – CHANT

Lecture 2007- 2008

Un Comédien, seul dans l’espace scénique.

Il lit le Chant VI de l’Enéide. Des images de la danse en trio sont diffusées, tandis qu’il donne le texte. Selon les disponibilités du lieu, ces images peuvent être projetées sur le mur, ou bien sur écran, ou encore sur un carré de drap blanc tendu.

Les images de la danse occupent une place en retrait, en point d’appui.

A certains moments.

La musique du spectacle, sur bande-son, est diffusée doucement, en accompagnement de la voix. Images et musique sont au service du comédien qui lit  le Chant VI.

La durée de la lecture est de 45 minutes.

« Contre – Chant » se propose en amont ou en aval du spectacle dansé.

Cette petite forme peut se glisser dans les endroits ou la danse ne peut aller, par manque d’espace.

Il devient ainsi la prémonition, ou le souvenir, thèmes également abordés par Virgile dans le Chant VI.

Comédien-récitant : Philippe Vincenot

Vidéo: Didier Dematons

 

 

 

 

 

 

 

 

CHANT VI : En cours

CONTRE-CHANT : En cours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Images et montage : Didier Dematons

 

 

 

 

 


Danser Novembre 2008

 

 

 

 

                                                    

Biennale de Lyon –
Dossier spécial

Au cœur de l’œuvre de chorégraphes tels Rachid Ouramdane, Kadder Attou, Mourad Merzouki, Sophie Tabakov ou Serge-Aimé Coulibaly, on trouve la question complexe, singulière, de l’identité. Question née d’une histoire familiale, quête des origines parfois douloureuses et revécue à travers leurs créations.

La genèse de Chant VI, de Sophie Tabakov, pièce inspirée par l’histoire de son grand-père bulgare, court au long des années. Après avoir reçu une solide formation technique, c’est auprès des Indiens de la côte ouest américaine que Sophie comprend que l’essentiel est d’être présent à la totalité du monde. A son retour, elle fonde sa compagnie, Anou Skan, avec Laurent Soubise, et travaille sur le rythme intérieur et l’extrême sensibilité du corps. A travers le rituel de Un Labyrinthe, présenté à la Biennale 2002, elle met en œuvre une démarche spirituelle qui l’amène aussi au chant, initiée par Sœur Marie Keyrouz à la tradition byzantine et  au chant slave par Borys Cholewka. Elle présente Temps de Feu, «  entre transmission et réinvention, entre exil et retrouvailles », d’après les danses des Balkans autour du feu. Petit à petit, Sophie avance vers la Bulgarie, pays mystérieux d’où vient sa famille paternelle et ce grand-père auprès duquel elle allait passer ses vacances…aux Etats-Unis.

Deux ans avant sa mort, en 1996, il lui envoie ses Mémoires : chef du service de pédiatrie à l’hôpital de Sofia, il fut accusé d ‘espionnage ; refusa de signer de faux aveux, condamné à mort, il fut envoyé en camp d’où il sortira après le décès de Staline. Plus tard il émigrera aux Etats-Unis. Cette histoire à pulvérisé la famille. Le père de Sophie, à Marseille, ne parlait pas de la Bulgarie…restée pour Sophie un mystère à déchiffrer.

Elle est frappée par une scène des Mémoires : à son arrivée en cellule, le grand-père se met nu, plis soigneusement ses vêtements, son manteau, répliquant à un garde qui le traite de fou : « j’aurai au moins quelque chose à léguer à mon fils ».

Sophie interprète ce geste comme un rituel de transmission d’un homme isolé, dépouillé, et décide d’achever le rituel en allant chercher le manteau.

Pour affronter cette histoire personnelle, elle cherche appui sur le Chant Vi, de l’Enéide où Enée descend rencontrer son père aux Enfers, cet espace intermédiaire ou coexistent passé, présent, futur, comme le lui enseigne Anchise ; la chorégraphe se libère du temps linéaire.

Sophie retient autre chose de son grand-père : jour après jour, il décousait et recousait la doublure de son manteau. Geste ancestral, celui de Pénélope attendant que les choses passent, tenir le fil de la vie et la conscience, image que reprend la chorégraphe en pensant à certaines danses de l’Antiquité avec des cordes.

Toute à l’histoire de son aïeul, avec les trains à destinations inconnues, l’errance, la chorégraphe est bouleversée par Le Regard d’Ulysse, film de Théo Angelopoulos : « ça m’a donné accès aux Balkans, et à la lenteur comme acte de perception, état dans la globalité. La façon dont les corps des acteurs étaient inclus dans les paysages étaient presque l’ordre du monde ».

Ainsi la boucle était bouclée depuis les Indiens, qui sont dans le temps et la nature sans coupure, une totalité. Tous ces éléments amalgamés pendant des années, de jalon en jalon, Sophie tient les fils pour accéder au labyrinthe.

« Nous sommes une nébuleuse de souvenirs à partir desquels nous dessinons et construisons les œuvres de nos vies » écrit Carolyn Carlson.

Trouver ce que l’on est et son expression, un entrelacs de réalité et fiction.

Bernadette Bonis

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Photos : Yann MAREK
hanzovezien @yahoo.fr

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