LE SPECTACLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Présentation du projet CERCLE !

 

 

 

 


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CERCLE !


                                                                    Photo : Mélissa DRUET

Un spectacle inspiré de l’histoire du déplacement des populations d'Asie Mineure au début du XXe siècle, mémoire de celles-ci, qui s'est exprimée, entre autre, par le Rebetiko, mouvement artistique majeur.

Six artistes alternent parties chantées, textes en grec et en français, et parties dansées sur des musiques jouées en direct.

 

La Cie Anou Skan

Le spectacle CERCLE !

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Le spectacle se distingue aussi par son dispositif scénique : le public est disposé en cercle, artistes et spectateurs assis côte à côte. Une connivence s’installe, l’énergie est communicative, l’épopée de l’exil se raconte, se danse et se chante, dédiée à ces artistes rébètes « qui portaient fiers, et beaux ».

Cette aventure artistique sera crée aux Archives Municipales de Lyon, et y sera présentée, dans la grande salle d’exposition en novembre 2013. Une exposition/installation sous forme de cartes et documents, archives visuelles et sonores sera également mise en place lors de la programmation du spectacle, ainsi que l’organisation de manifestations sur le thème de l’exil depuis l’Asie Mineure vers la Grèce. Les documents exposés sont issus du partenariat exceptionnel avec le Centre d’Etudes d’Asie Mineure d’Athènes, ainsi que de différentes communautés grecques en Rhône-Alpes.

La connivence danses / chants / textes laissera surtout s’exprimer une poésie rythmée et onirique, souvent communicative comme l’étaient les artistes du Rébetiko, amenés à retrouver par l’art leur dignité perdue dans l’exil.

Les textes du spectacle sont tirés de l’œuvre d’Allain Glykos « Parle-moi de Manolis », avec l’aimable autorisation de l’auteur ; des œuvres de grands poètes grecs contemporains, ainsi que des textes de chants du répertoire du Rébétiko.

Après la catastrophe de 1922, et la guerre entre la Grèce et la Turquie, il fut décidé d'un échange massif de populations. Echange qui eut lieu dans des conditions dramatiques. Quand on ne peut rien emporter dans l'exil, le corps devient l'archive vivante du déracinement. Il reste ce que l’on a dans le cœur, et comment malgré tout on a souffert, vécu, et aimé.

A partir de là commence notre spectacle, "Cercle!"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


                                                           Image d'archives

La Grande Histoire

En 1923, suite à la guerre entre la Grèce et la Turquie, les deux états décidèrent d’une politique d'homo-généisation à l’intérieur de leurs frontières respectives : un million deux cent mille Grecs, appartenant à la minorité religieuse orthodoxe de l’Empire Ottoman furent rapatriés en Grèce, et trois cent cinquante mille musulmans, appartenant à la minorité turque en Grèce furent envoyés en Anatolie.

 

 

Tout d’abord se poser la question : en quoi ces faits historiques passés nous concernent-ils aujourd’hui ?

Nous avons cherché un prisme, un interstice qui puisse orienter le regard et l’énergie vers quelque chose de particulier, fragile et unique, de vivant. Sans doute que l’idée d’une société multi - culturelle fait toujours rêver. L’échange des populations fut un moment de tragédie universelle, car il signait la fin d’un temps où des peuples, des langues, des religions et des cultures avaient trouvé le moyen de cohabiter et de se « nourrir » les unes des autres ; pas partout certes, mais en de nombreux endroits il se parlait des dizaines de langues. L’échange fut la fin de ce vivre-ensemble.

(Nous voyons bien aujourd‘hui quelles difficultés à accepter une autre religion, un autre peuple, dès lors qu’il n’est plus question de colonisés et de colonisateurs !)

Ces gens sur les bateaux emportaient avec eux non seulement leurs propres vies, mais aussi une culture, un bien commun, et c’est cela qui émeut profondément.

Que leur arrive-t-il ensuite ? Comment la difficulté de les accueillir, le refus de leur intégration va-t-elle les pousser à se regrouper, à faire cercle et à « brûler » par la musique, le chant et la danse les blessures de leur épopée ?

Là le corps dansant entre en résistance. C’est à dire que la frustration, la colère, la tristesse, la nostalgie et l’espoir sont mises en jeu, deviennent ritualisées et se transforment alors en éléments fondateurs d’un mouvement artistique majeur, le Rébétiko*.

Le corps dansant, le corps chantant, devient l’archive vivante de ce déracinement, de cette perte, le dernier lien tangible avec la terre natale et la culture.

On appelle Rébétes ceux qui vivaient une vie de marginaux, d’anarchistes, artistes et chômeurs à la fois. Ils se regroupaient sur les quais et dans les tavernes autour des ports du Pirée ou de Salonique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sophie TABAKOV / Directrice artistique

Ayant eu l’occasion de pratiquer le tournoiement des Derviches Tourneurs quelques années avant ma rencontre avec le Zeibekiko, je fus très vite interpellée par les connivences entre les deux pratiques : 

Il était évident que l’une (le zeibekiko) était la suite de l’autre (le tournoiement), mais qu’elle était adoucie, plus libre, prête à épouser les aspirations du danseur, en tout les cas complètement débarrassée du  cadre religieux. Si le derviche tournoie pour prier, le danseur de zeibekiko prie pour continuer de tourner, jusqu’à l’oubli (ce qui revient au même !).

J’apprendrai par la suite qu’il existe dans cette danse la rémanence d’une cérémonie  au dieu Apollon, que l’on pouvait encore pratiquer dans les montagnes d’Anatolie à la fin du 19ème siècle.

Qu’en des temps encore plus éloignés se sont croisés là de grands courants philosophiques et mystiques : l’Alévisme, le chamanisme des tribus nomades de l’Altaï, les rituels de l’antiquité apportés par Alexandre lors de son avancée vers l’Asie (on trouve des statues d’Apollon jusqu’en Afghanistan)…Que l’on appelait  Zeibek ceux qui vivaient hors la loi dans les montagnes, du temps de la domination Ottomane.

La danse du Zeibekiko porte ainsi en ses gênes une histoire vieille de plusieurs siècles, qui se laisse deviner au détour d’un rythme, d’un déséquilibre, d’un élan…

Ces mouvements dansés passés de corps en corps, se sont transformés petit à petit, ont suivi leur voie propre sans jamais perdre l’ADN qui les constituent : celui qui danse exprime non pas une image ou une forme codifiée, mais l’authenticité absolue de son être au moment où il danse.

C’est donc un tel trésor culturel qu’apportèrent dans leurs valises les immigrés jusque sur les quais du Pirée, où rien d’autre que leurs souvenirs ne les attendaient.

Même s’ils n’étaient pas conscients des multiples ramifications cet héritage, et qu’ils se réunissaient sans  autre motif que celui de se retrouver entre eux, que ce n’était rien de bien important, dans ce rien il y avait tout !

On peut dire qu’ils ont apporté la substance, et qu’elle s’est révélée grâce à de grands artistes (Tsitsanis, Vamvakaris, Toundas, entre autres) qui malgré - ou à cause de - leur condition d’exclus ont su composer des morceaux d’anthologie.

C’est ici que nous intervenons en choisissant d’aborder la grande histoire à ce moment là, par ce biais là : celui de danses et de chants qui transcendent la condition humaine, et redonnent à l’homme désolé (sans sol) une identité nouvelle.

Dans le poème Exil Saint John Perse écrit :

Etranger, sur toutes grèves de ce monde, sans audience ni témoin, porte à l’oreille du Ponant une conque sans mémoire :

Hôte précaire à la lisière de nos villes, tu ne franchiras point le seuil des Lloyds, où ta parole n’a point cours et ton or est sans titre…

« J’habiterai mon nom ! - fut ta réponse aux questionnaires du port »

Si monter un spectacle est un acte de résilience, alors « Cercle ! » serait une forme d’engagement et d’hommage à ces voyageurs là, qui surent se réunir pour fêter malgré tout une vie difficile.

Sans en connaître aucun, mais les deviner tous, en soi, et les porter dans nos poches à l’instant de jouer, tout contre le cœur.

 

La petite histoire

En 2007 lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la danse grecque, je ne connaissais rien de l’échange des populations de 1923, ni ce qu’était l’Asie Mineure, encore moins le Rébétiko. Mais au cour d’un stage, mon professeur, Yannis Benetto, me parla d’une danse qui se dansait en cas de malheur ou de bonheur extrême, toujours en solo, le corps penché vers la terre, bras écartés comme un grand oiseau. Je m’élançai à mon tour, timidement, mais ce fut un choc…J’ai immédiatement adoré cette danse, le Zeibekiko.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DISTRIBUTION

DIRECTION ARTISTIQUE : Sophie Tabakov

CHOREGRAPHES, DANSEURS : Sophie Tabakov,
Laurent Soubise, Fred Bendongué

CHANT, MUSIQUE : Kalliroï Raouzéou, Lionel Romieu 

COMEDIENNE : Elisabeth Diamantidis

LUMIERE, DIRECTION TECHNIQUE : Christine Richier

TEXTES : Allain Glykos (extraits de "Parle-moi de Manolis", L'Escampette, 1997), ainsi qu'un poème de Yannis Ritsos et certains textes des chants du répertoire rébétique.

CONFECTION DES JUPES : Myrtille Maccabéo